Les affaires et la tourmente économique

Faire le point sur la conjoncture économique est une entreprise qui peut s’avérer être un art plutôt qu’une science – même en période de stabilité.  Le défi est d’autant plus grand en période de grande volatilité, comme celle que nous vivons à l’heure actuelle.   Les soi-disant experts nous fournissent à tour de rôle leurs perspectives sur la performance des marchés boursiers, l’emploi, les devises, l’immobilier, la consommation, le PIB.  Chacun y apporte ses prévisions et ses solutions, qui vont de l’intervention massive de l’état jusqu’au libre cours des forces du marché.   Et ils offrent des conseils …  La vérité est que personne (ou presque) n’a su prévoir la crise financière qui secoue notre économie depuis septembre 2008.

Le 7 mai, 2009 le TSX a franchi la barre des 10,000 – son niveau d’il y a six mois.  Le Canada a crée 35,000 emploi en avril selon Statistique Canada.  Le FMI affirme que le Canada est en meilleure position que les autres pays industrialisés, surtout à cause de notre politique fiscale axée sur la prudence et notre gestion serrée des institutions financières.  Plusieurs commentateurs parlent déjà de reprise, alors que d’autres sont moins optimistes.  Mais comment relier tous ces chiffres et énoncés à nos réalités quotidiennes dans le monde des affaires?  Doit-on désormais lire l’horoscope plutôt que les pages financières?

Dans les faits, l’incidence du tourbillon économique sur nos affaires tient à plusieurs facteurs, dont le secteur d’activités, la santé financière de l’entreprise, et nos habiletés en tant que gestionnaires.  Les renseignements anecdotiques du RGA révèlent que la grande majorité des membres est touchée par la crise.  Nous notons surtout des réductions d’effectifs et des difficultés à financer des nouveaux projets. 

Toutefois, il existe plusieurs entreprises qui se portent plutôt bien par les temps qui courent.  Et leur succès est, dans bien des cas, fonction des comportements des consommateurs qui se transforment radicalement d’une période de prospérité à une période d’incertitude.  Exemple : si vous êtes dans le secteur de l’automobile vous serez plus favorisé dans le domaine de la réparation que dans la  vente de véhicules neufs.  Il en est de même pour l’alimentation – le restaurant haut-de-gamme est plus vulnérable que l’épicier.  Le même principe s’applique à l’habitation : la réfection reste moins à risque que la vente de maisons neuves.  En somme le consommateur se retranche dans ses engagements financiers – voyant devant lui l’incertitude de l’avenir.  C’est une autre vision du temps.  Si le climat économique inspire la confiance, le consommateur voit  à plus long terme et n’hésite pas à se procurer des biens et services qu’il peut amortir dans le temps.  Inversement, cette vision se raccourci dans un rapport assez direct avec ce qu’il perçoit comme étant ses possibilités réduites de paiement dans un futur plus ou moins rapproché.
Autre facteur – le niveau d’amortissement des immobilisations de l’entreprise.  Typiquement, une jeune entreprise aura sur elle des frais d’opérations importantes qui s’amortissent au cours des années.  Normalement, les entreprises dites « matures » ont un poids d’exploitation moins élevé.  Cela fait souvent la différence entre les profits et les pertes.

Reste toujours la situation particulière de chacun.  L’entreprise qui réussit à retenir son personnel compétent, à bien prévoir ses finances et ses intrants, à continuer de développer ses affaires, et à garder le cap sur ses objectifs, a de bien meilleures chances de passer à travers la tempête.

Ces éléments de succès se constatent chez les membres du RGA.  Toujours à partir de données anecdotiques, nous observons que le profil des entreprises qui se portent bien est corolaire des facteurs que nous avons énoncés.

Morale de l’histoire : en affaires, nous contrôlons un bon nombre d’éléments de notre développement et de notre succès.  D’autres éléments sont plus aléatoires.  A nous de mettre en valeur nos meilleurs atouts – y compris la chance lorsqu’elle passe.

Joanne Lefebvre, RGA

Laisser un commentaire

 
 
à propos de nous | événements / réseautage | membership | prix d'excellence/gala | salle de presse | ressources / Conseils | babillard | blogue
accueil | contact | politique de confidentialité | plan du site | english