Archive pour décembre 2008

Grève du transport en commun : une proposition dont personne ne sortira gagnant

Mercredi 17 décembre 2008

Joanne LefebvreDeux heures pour se déplacer depuis Orléans ou Kanata, des gens dans l’impossibilité de faire leurs emplettes, aucune place de stationnement au centre-ville : la grève des services de transport en commun ne pouvait tomber plus mal, puisqu’aux inconvénients habituels d’une telle mesure viennent s’ajouter le mauvais temps et la proximité des fêtes. Pour leur part, les délégués syndicaux perçoivent le tout comme un excellent moyen de pression.

Que nous utilisions le transport en commun ou non, nous sommes tous touchés de près ou de loin par cette grève qui réduit notre qualité de vie. Qui sait? Cela fonctionnera peut-être pour le syndicat, du moins à court terme. 

Alors que chacun paie la note à sa façon, certaines tranches de la population souffrent plus que d’autres. D’ici à ce que les parties en cause parviennent à une entente, de nombreuses entreprises enregistreront une baisse de l’achalandage et, par conséquent, des ventes. Vu le creux économique actuel, le syndicat n’aurait, encore là, pu choisir meilleur moment. La grève prendra fin un jour ou l’autre, mais la communauté des gens d’affaires, et notamment les détaillants, continueront longtemps d’en ressentir les effets. Pour la plupart, la période actuelle est normalement la plus occupée de l’année. Elle joue un rôle décisif dans la réalisation d’un profit ou d’un déficit à la fin de l’année. Récupérer d’un tel coup dur prendra beaucoup plus de temps que la durée du litige entre OC Transpo et le sydicat et coûtera énormément aux entreprises.

Donc, ce moyen de pression fonctionnera-t-il à long terme? À l’heure actuelle, il faudrait l’intervention surprise d’un gourou des relations publiques pour parvenir à faire naître un mouvement de sympathie envers des personnes ayant une sécurité d’emploi et des salaires concurrentiels qui refusent une augmentation salariale tandis que des milliers d’autres perdent leur emploi dans pratiquement tous les secteurs économiques. Si l’opinion publique a une quelconque valeur pour les syndicats, disons qu’elle n’est aucunement à la hausse en ce moment. Mais bien entendu, si les syndiqués n’y accordent aucune importance, au moins finiront-ils avec quelques dollars en plus dans leurs poches pour justifier leurs démarches.

Joyeuses fêtes!

Joanne Lefebvre, RGA


 
 
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