C’est fini, non?
Vendredi 21 novembre 2008
Les piliers du secteur bancaire s’écroulent un à un, le piètre rendement des entreprises est navrant, les économies s’évaporent et, comble de malheur, les innombrables tentatives de sauvetage faites par les banques centrales et les gouvernements ne donnent pas les résultats escomptés. Il ne reste plus qu’à espérer qu’on en finisse!
Il n’y a pas que le pouvoir d’achat qui écope – c’est aussi la confiance des gens qui est minée. « C’est fini, non? », se demande tout un chacun.
De nombreux experts soutiennent que le Canada est avantagé par rapport aux autres pays du G-8 : notre économie repose sur les ressources et l’énergie et notre situation financière est enviable du fait que nos fonds publics ont été gérés prudemment, comme en témoignent l’absence de déficit ces 15 dernières années et le remboursement de près du tiers de la dette nationale. Il est vrai que tous ces éléments jouent en notre faveur. Mais à mesure que la crise s’aggrave chez nos voisins du sud, certains de nos secteurs sont directement touchés, ce qui rejaillira immanquablement sur les autres, même s’il n’est pas encore possible d’estimer l’ampleur des dégâts à venir.
Pour le moment, les indicateurs clés comme l’emploi et les mises en chantier résistent fort bien à la crise. Par contre, une certaine fragilité est perceptible ailleurs. Le prix des produits de base est en chute libre et les résultats enregistrés par de grandes entreprises canadiennes pendant le troisième trimestre ne sont guère réjouissants.
Sommes-nous en récession? Poser la question, c’est y répondre. Mais comment savoir si le pire reste à venir? Il suffit de continuer à observer les signes précurseurs de la crise afin de voir si le marché de l’immobilier aux États-Unis se stabilise et si les institutions financières accroissent leur solvabilité.
Revenons-en à notre question. Les banques centrales et les gouvernements continuent d’injecter des milliards pour « rétablir le crédit » tandis que l’immobilier poursuit sa descente. Selon toute vraisemblance, la réponse est donc non.
Et nous sommes encore loin du début de la fin.
Joanne Lefebvre, RGA









